Aimé Boji Sangara, candidat unique de la plateforme politique présidentielle Union sacrée de la Nation et membre de l’Union nationale congolaise (UNC), a été élu président de l’Assemblée nationale avec plus de 400 voix. Le vote et son installation ont eu lieu ce jeudi 13 novembre, au terme d’une plénière qui s’est prolongée tard dans la soirée.
Successeur de son autorité morale au sein de l’UNC, Vital Kamerhe, il avait été discrètement désigné dès le mois de septembre, quelques jours après la démission de ce dernier de la présidence de la Chambre basse un choix ensuite validé par le président Félix Tshisekedi.
S’il promet de travailler dans l’intérêt du peuple congolais, en prônant une Assemblée nationale inclusive et un espace d’expression démocratique apaisé, sans stigmatisation ni méfiance, le nouveau président porterait également une mission précise qui lui serait confiée par le Chef de l’État : mener la révision constitutionnelle. Annoncée le 23 octobre 2024 à Kisangani par Félix Tshisekedi, cette initiative a rapidement ravivé les tensions entre partisans et opposants.
Adoptée par référendum en 2005, sous l'ancien régime de Joseph Kabila, la Constitution du 18 février 2006 est considérée par plusieurs constitutionnalistes notamment André Mbata et Jean-Louis Esambo, professeurs de droit à l’Université de Kinshasa et membres du pouvoir comme l’une des meilleures de l’histoire institutionnelle congolaise. Au début de son premier mandat, le président Tshisekedi partageait encore cette position, rappelant qu’elle résultait d’un « consensus laborieusement obtenu après des années de guerre ».
Pour les tenants de la réforme, cependant, la Constitution actuelle présente des limites comme toute œuvre humaine. Elle avait d’ailleurs déjà été révisée en 2011 pour corriger certaines imperfections. C’est dans cette même logique que la majorité au pouvoir s’est engagée, durant le dernier trimestre de 2024, dans une campagne en faveur d’abord de sa révision, puis de son changement, mettant en avant ses insuffisances présumées.
Face à cette dynamique, l’opposition et une partie de la société civile dénoncent une tentative d’imposer la réforme comme priorité nationale, au détriment des enjeux sécuritaires. Les évêques de la CENCO ont même mis en garde contre les risques d’une initiative aussi clivante alors que le pays est en guerre. Et la dégradation de la situation militaire semble, pour l’heure, avoir freiné l’élan réformateur du pouvoir.
Gloire MALUMBA.K

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