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POLITIQUE

RDC : Bahati Lukwebo dans la tourmente politique après ses propos sur la Constitution

Le deuxième vice-président du Sénat congolais, Modeste Bahati Lukwebo, semble de moins en moins en odeur de sainteté auprès d’une frange importante des animateurs des partis et regroupements politiques membres de l’Union Sacrée de la Nation (USN), la méga-plateforme politique soutenant le président de la République, Félix Tshisekedi.

Modeste Bahati Lukwebo.
Modeste Bahati Lukwebo.

À l’origine de cette crispation : ses récentes déclarations contre l’idée d’un changement ou d’une modification de la Constitution, une option défendue par le chef de l’État, considéré comme l’autorité morale de cette grande famille politique.
Ce lundi 9 mars 2026, le groupe AFDC‑A du Sénat, pourtant dirigé par Bahati Lukwebo, a pris ses distances avec ces propos jugés contraires aux initiatives du président Tshisekedi. Dans une déclaration rendue publique, les sénateurs de ce regroupement expliquent que la sortie médiatique de leur autorité morale n’avait fait l’objet d’aucune concertation préalable.

« La récente sortie médiatique de l’honorable Modeste Bahati Lukwebo, autorité morale de notre regroupement politique, n’a jamais fait l’objet d’aucune discussion ni validation préalable au sein de notre groupe. En conséquence, notre groupe se désolidarise de cette prise de position exprimée à titre personnel et invite le deuxième vice-président du Sénat à tirer les conséquences politiques qui s’imposent », peut-on lire dans le document.

Dans la foulée, les sénateurs de l’AFDC-A ont réaffirmé leur attachement au président de la République et leur engagement au sein de l’Union Sacrée. Ils ont également salué les efforts du chef de l’État dans la recherche de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo, confrontée à l’agression rwandaise à travers les combattants du mouvement rebelle AFC/M23.

Cette prise de position intervient quelques jours après un communiqué du bureau du Sénat publié le samedi 7 mars. L’équipe dirigeante de la chambre haute du Parlement s’était elle aussi désolidarisée des propos de Bahati Lukwebo, pourtant l’un de ses membres, appelant plutôt à la cohésion nationale et à la préservation de la paix dans un contexte marqué par la crise sécuritaire.

Dans l’entourage de Félix Tshisekedi, certains cadres de la majorité voient déjà dans la sortie médiatique de Bahati Lukwebo une véritable déclaration de guerre contre la famille politique présidentielle. Une pétition aurait même été lancée par le sénateur Dany Kabongo pour obtenir son départ du bureau du Sénat.

Dès lors, une question se pose : la relation politique entre Bahati Lukwebo et Félix Tshisekedi est-elle en train de se fissurer ? Le patron de l’AFDC, considéré comme l’un des artisans de la dislocation de la coalition FCC‑CACH, doit-il redouter un éventuel débauchage dans ses rangs si la rupture venait à être consommée ?

Les prochains jours pourraient s’avérer décisifs pour l’avenir de cette alliance et, plus largement, pour la reconfiguration ou le maintien  de l’actuelle architecture politique de l’Union Sacrée de la Nation.


Rédaction

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