Cette mission intervient dans un contexte humanitaire particulièrement alarmant. Depuis la chute de la ville d’Uvira, plus de 101 000 Congolais ont trouvé refuge au Burundi, portant à plus de 250 000 le nombre total de déplacés congolais présents dans ce pays voisin. Parmi eux figurent environ 30 000 enfants, privés d’accès à l’éducation, exclus du système scolaire et exposés à de multiples risques sociaux et sanitaires.
Sur place, la ministre Ève Bazaiba a échangé avec les autorités burundaises, notamment le ministre des Affaires étrangères, ainsi qu’avec les responsables du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Ces rencontres visaient à renforcer la coordination entre la RDC, le Burundi et les partenaires humanitaires, en vue d’améliorer la prise en charge des réfugiés et leurs conditions de vie dans les camps d’accueil.
Le HCR a dressé un tableau sanitaire préoccupant. Depuis l’afflux massif des déplacés, 53 décès ont été enregistrés dans les camps. Parmi eux, 25 sont liés à une épidémie de choléra, tandis que 28 autres résultent de diverses pathologies. Ces chiffres mettent en évidence l’urgence d’une réponse humanitaire renforcée pour contenir la propagation des maladies et répondre aux besoins vitaux des populations affectées.
Face à cette situation critique, l’agence onusienne a lancé un appel pressant à la mobilisation de plus de 33 millions de dollars américains. Ces fonds sont destinés à la construction d’abris, à la distribution de vivres, à l’accès à l’eau potable ainsi qu’à la fourniture de soins médicaux essentiels, afin d’éviter une détérioration davantage marquée de la crise humanitaire.
De son côté, la ministre Ève Bazaiba a réaffirmé l’engagement ferme du gouvernement congolais à soutenir ses compatriotes réfugiés. Elle a insisté sur la nécessité d’un enregistrement rigoureux et exhaustif des déplacés, afin de prévenir les erreurs du passé, notamment les infiltrations et les violences ayant conduit à des drames, comme ceux survenus autrefois dans le camp de déplacés de Katumba. La vigilance reste de mise pour garantir la sécurité et la dignité des réfugiés.
Cette mission humanitaire conjointe RDC–Burundi s’inscrit dans un contexte de crise prolongée et complexe, où la solidarité régionale et l’appui de la communauté internationale demeurent indispensables. Le suivi de la situation et la mobilisation des ressources restent des priorités majeures pour les autorités congolaises et leurs partenaires humanitaires.
Rédaction

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