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RDC–Burundi : « Le M23 a tué mon mari et mes cinq enfants. L’armée burundaise m’a sauvé la vie »

Le regard absent, la voix encore marquée par le choc, Nabisoki Chekanabo raconte l’horreur. Cette mère congolaise fait partie des milliers de civils ayant fui l’Est de la République démocratique du Congo pour trouver refuge au Burundi, après l’intensification des combats impliquant le groupe armé M23. Son témoignage tranche radicalement avec le discours officiel rwandais, qui présente la présence de ses forces en RDC comme une opération de « protection des civils ».

La mère de la famille de six personnes tuées par les rebelles du M23.
La mère de la famille de six personnes tuées par les rebelles du M23.

« Les rebelles du M23 ont tué mon mari et cinq de mes enfants », confie-t-elle, les mots peinant à sortir. « Nous avons fui sous les balles. Ils nous ont poursuivis jusqu’à la frontière entre la RDC et le Burundi. Ce sont des militaires burundais qui nous ont sauvés. »

La scène qu’elle décrit se déroule à la frontière, alors que les tirs résonnent encore du côté congolais. À bout de forces et de peur, Nabisoki pense vivre ses derniers instants. « J’étais prête à me jeter dans l’eau près de la douane. Des soldats burundais m’ont arrêtée. Ils m’ont dit : “Maman, calme-toi.” Ils m’ont mise à l’abri. »

Aujourd’hui installée au camp de réfugiés de Busuma, dans la province burundaise de Ruyigi, elle exprime sa reconnaissance envers les autorités locales. « Ils nous ont accueillis avec amour et en paix. Ceux qui racontent le contraire mentent », affirme-t-elle, sans détour.

Son récit éclaire une réalité souvent minimisée : si des milliers de Congolais prennent la route de l’exil, ce n’est ni par stratégie ni par manipulation politique, mais pour échapper à la violence. « Nous vivions en paix chez nous. Depuis l’arrivée du M23, nous ne connaissons que la souffrance. C’est eux qui nous ont chassés », insiste-t-elle.

Comme tant d’autres familles, Nabisoki a traversé la frontière sans rien emporter, dans la panique et sous le bruit des détonations. « Tout le monde fuyait. Malgré notre terreur, les autorités burundaises ont ouvert la frontière et nous ont protégés. »

À travers ce témoignage, un contre-récit se dessine, loin des discours officiels et de la propagande régionale. Pour les réfugiés du camp de Busuma, la fuite n’est ni une mise en scène ni un calcul diplomatique. C’est, simplement, une question de survie.


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