Cette position a été exprimée lors d’une rencontre organisée autour du thème : « Investir pour une paix inclusive afin de bâtir une RDC plus juste, où règnent la compassion, l’égalité et la dignité pour tous et toutes ». L’activité a donné lieu à des échanges sur les conditions et les perspectives d’un dialogue national dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’est du pays.
Pour Fayulu, aucun dialogue durable sans les acteurs armés
Prenant la parole lors de cette rencontre, Martin Fayulu, cadre de la coalition C64, a défendu l’idée d’un dialogue national réunissant l’ensemble des composantes de la société congolaise. Selon lui, la recherche d’une solution durable à la crise impose de ne laisser aucune partie prenante en dehors du processus.
« Le Congo a des problèmes. Et pour résoudre ces problèmes, qui sont de plusieurs ordres, il faut un dialogue. Mais quel dialogue ? C’est un dialogue national inclusif. Pourquoi inclusif ? Parce qu’il faut que toutes les couches de la société, tous les intérêts du pays, toutes les parties prenantes soient représentées. Même ceux qui font la guerre au Congo aujourd’hui », a-t-il déclaré.
L’opposant justifie cette exigence par la réalité du rapport de force sur le terrain. Pour lui, exclure les groupes armés qui contrôlent des portions du territoire reviendrait à consacrer une forme de partition du pays.
« Si nous disons que nous excluons ceux qui font la guerre, qui font la guerre à leur pays, qui sont Congolais, et surtout sachant qu’ils ont des pans entiers du territoire national entre leurs mains, si vous ne les associez pas à ce dialogue, c’est-à-dire que vous balkanisez le pays », a-t-il affirmé.
La voie militaire et les limites du règlement de la crise
Pour étayer son argumentaire, Martin Fayulu estime que les opérations militaires n’ont pas permis de reprendre l’ensemble des territoires contrôlés par l’AFC/M23. Il en déduit la nécessité d’ouvrir un cadre de discussion permettant à chaque partie d’exposer sa lecture des causes du conflit.
« L’armée Congolaise n’a pas pu récupérer les terres, n’a pas pu récupérer les territoires qu’ils occupent. Donc, c’est pour cela que nous disons qu’il faut qu’on se mette tous ensemble, que chacun dise ce qu’il a, quelles sont les causes de cette crise, d’après lui ou d’après elle, d’après chaque groupe », a-t-il expliqué.
Selon lui, cette démarche devrait permettre d’identifier les causes qu’il qualifie de « profondes » de la crise congolaise, en distinguant notamment les facteurs internes et externes.
À Doha, Fayulu redoute un accord contesté à Kinshasa
Le débat sur l’inclusivité prend également une dimension particulière avec les pourparlers de Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. Martin Fayulu s’interroge sur la portée d’éventuels engagements conclus dans ce cadre s’ils ne sont pas ensuite intégrés dans un processus politique plus large.
« M. Tshisekedi, avec son gouvernement, sont à Doha en train de discuter avec les rebelles de l’AFC/M23. [...] Ils ont déjà élaboré huit protocoles d’accord. Ils en ont signé deux. Mais s’ils signent tous ces protocoles d’accord et qu’ils viennent avec ça ici au Congo, et que le reste de la société, c’est-à-dire la société civile congolaise et l’opposition congolaise, disent non, qu’est-ce que nous faisons ? », s’est-il interrogé.
Pour l’opposant, les acteurs engagés dans les discussions de Doha devraient donc être associés à un processus national plus large, aux côtés de la société civile et de l’opposition, afin de rechercher un compromis susceptible d’être accepté au-delà des seuls protagonistes des négociations.
Cette prise de position intervient alors que le pouvoir de Félix Tshisekedi continue de privilégier une approche articulant les volets sécuritaire et diplomatique de la crise dans l’est de la RDC. Kinshasa met notamment en avant le rôle attribué au Rwanda dans le soutien à l’AFC/M23 et s’appuie sur des cadres distincts pour ses discussions avec Kigali et avec l’AFC/M23.
Dans le même temps, le gouvernement défend la perspective d’un dialogue national destiné notamment à renforcer la cohésion interne et à favoriser une réponse nationale face à la crise sécuritaire.
Une partie de l’opposition et de la société civile plaide, de son côté, pour un processus aux contours plus larges, dans lequel seraient directement représentés les différents acteurs impliqués dans le conflit. Au-delà de la question de la médiation, c’est donc le périmètre même du futur dialogue qui continue de cristalliser les divergences au sein de la classe politique congolaise.
Labora

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