Dans une intervention mêlant considérations institutionnelles et sécuritaires, le chef de l’État a affirmé réfléchir à la manière dont il pourrait accompagner son successeur après la fin de son mandat. « Je me mettrai à la disposition de mon successeur. Je n’irai pas prendre des armes contre lui. (…) Je serai là dans l’ombre, prêt à servir dès qu’il ou elle en aura besoin », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le président a également estimé qu’aucune question ne devait être exclue du débat national, y compris celle de la Constitution. « Qu’est-ce qui nous interdit de nous pencher dessus et regarder cela ? », a-t-il lancé, en appelant à dissocier cette réflexion d’un projet de maintien au pouvoir.
Mais une autre séquence de son intervention a immédiatement alimenté les spéculations politiques. « Je n’ai pas sollicité le troisième mandat, mais si le peuple veut… », a déclaré Félix Tshisekedi, laissant entendre que la volonté populaire pourrait, selon lui, peser dans les débats à venir.
Le Chef de l’État a par ailleurs évoqué les conséquences de la guerre dans l’est du pays sur l’échéance électorale de 2028. Selon lui, une aggravation de la crise sécuritaire pourrait empêcher l’organisation du scrutin dans certaines provinces. « Si on ne peut pas terminer cette guerre, malheureusement, on ne pourra pas organiser les élections en 2028 (…) On ne va pas organiser les élections sans le Nord et le Sud-Kivu », a-t-il affirmé.
Ces propos ont suscité de vives réactions dans l’opposition. Delly Sesanga a accusé le président de préparer ouvertement un projet de prolongation de son pouvoir.
« Ce soir, les masques sont tombés. Félix Tshisekedi manœuvre désormais à découvert pour un troisième mandat par plébiscite. La RDC ne peut entrer dans un nouveau cycle de tensions institutionnelles et de personnalisation du pouvoir. Tous les démocrates doivent faire obstacle à cette dérive », a réagi l’opposant.
Cette nouvelle séquence politique relance ainsi le débat sur l’avenir institutionnel de la RDC, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires persistants dans l’est du pays et les interrogations récurrentes sur la gouvernance démocratique.
Rédaction

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