Selon François Rubota, les manifestations, sit-in et prises de position de la CENCO et de la C64 interviennent au moment où « le Rwanda, sous couvert de l'AFC/M23/Twigwaneho », poursuit un projet de contrôle territorial dans l'est du pays.
« Pendant que le Rwanda parle de la République fédérale du Congo, vous êtes dans les sit-in, les marches vers le Palais du Peuple et le Palais de la Nation, ainsi que dans les homélies, au lieu de mobiliser cette énergie pour récupérer les territoires occupés », écrit-il.
L'ancien ministre reproche également à la CENCO de ne pas dénoncer, selon lui, avec suffisamment de fermeté les violences commises dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Il évoque les victimes civiles, les blessés ainsi que les violences sexuelles qui continuent d'affecter les populations de cette région.
Se référant aux récentes déclarations du président rwandais Paul Kagame sur la situation militaire dans l'est de la RDC, François Rubota estime que la CENCO et la C64 « cherchent à déstabiliser Kinshasa » alors que les priorités devraient, selon lui, être orientées vers la défense de l'intégrité territoriale.
Dans sa tribune, il appelle également la CENCO à organiser un deuil en mémoire des prêtres Koko et Ndogole, tués le 6 octobre 1996 à Kidote-Lemera, dans le territoire d'Uvira. Pour lui, cet hommage permettrait de rappeler les origines des conflits qui secouent l'est de la RDC depuis près de trois décennies.
Revenant sur l'histoire de ces conflits, François Rubota rappelle qu'après le départ des militaires rwandais exigé par Laurent-Désiré Kabila en 1998, le pays est entré, selon son analyse, dans une succession de rébellions impliquant notamment le RCD, le CNDP, le M23 puis l'AFC/M23/Twigwaneho.
L'ancien ministre s'adresse également au cardinal Fridolin Ambongo, qu'il interroge sur ce qu'il considère comme un changement de position de l'Église catholique. Il rappelle une précédente homélie au cours de laquelle le prélat appelait les acteurs politiques à s'unir autour du chef de l'État afin de restaurer la paix et s'interroge sur les raisons de l'évolution de ce discours.
François Rubota revient aussi sur les critiques formulées par le cardinal contre l'accord de coopération entre l'Union européenne et le Rwanda portant sur les matières premières. Il se demande pourquoi, selon lui, la CENCO concentre désormais davantage ses critiques sur le président Félix Tshisekedi alors que celui-ci poursuit des initiatives diplomatiques et sécuritaires face à la crise dans l'est.
Selon lui, l'histoire pourrait se répéter si le Rwanda parvenait à installer, selon ses termes, des « marionnettes » à Kinshasa, lui permettant d'exercer une influence durable sur les institutions congolaises.
Enfin, François Rubota critique le report de la mobilisation annoncée par la coalition C64, qu'il interprète comme le signe d'une faible capacité de mobilisation populaire. « Si réellement vous pensez que vous avez le peuple avec vous, soumettez-vous au vote du peuple », lance-t-il.
Originaire de l'est de la RDC, François Rubota affirme enfin que de nombreux habitants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu estiment que la CENCO et la coalition C64 ne manifestent pas suffisamment leur solidarité envers les populations touchées par le conflit. Il évoque notamment les violences commises à Goma et à Bukavu contre des personnes ayant célébré la victoire des Léopards et exprimé leur soutien au président Félix Tshisekedi, qu'il rappelle être « le président de la République démocratique du Congo reconnu par les Nations unies ».
MKG

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