Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, a annoncé l’instauration, dès 2026, d’une politique de tolérance zéro à l’égard des pratiques déviantes qui gangrènent l’appareil judiciaire. Sont particulièrement visés le monnayage des actes, l’absentéisme, la concussion, l’indiscipline hiérarchique ainsi que les retards répétés. Cette annonce a été faite ce mardi 30 décembre, à l’occasion d’une réunion stratégique présidée par le ministre à l’INAFORJ, au Palais de justice.
D'après une dépêche de la cellule de communication du ministère, la rencontre a réuni les agents et cadres de l’administration judiciaire ainsi que les membres du cabinet ministériel. Marquant la clôture de l’année 2025, la réunion a permis de définir une ligne de commandement claire, fondée sur la rigueur éthique, la discipline, la lutte contre la corruption, la proximité avec le citoyen et la restauration de la crédibilité du ministère.
Lors de son allocution, le ministre d’État a annoncé la fin de l’impunité au sein de son secteur. « Le temps de l’observation est révolu : place aux sanctions, positives ou négatives. Nous devons incarner les valeurs de la République », a-t-il déclaré.
Dans la même dynamique, Guillaume Ngefa a réaffirmé sa détermination à démanteler les circuits parallèles et à mettre un terme aux pratiques d’extorsion liées à la délivrance des documents judiciaires. Désormais, chaque acte émis par la chancellerie devra être légal, légitime et crédible, condition indispensable pour restaurer la confiance du citoyen envers l’institution judiciaire.
Sans communication tapageuse, plusieurs actions ont déjà été menées en 2025 contre des auteurs présumés de spoliation foncière, de fraude minière et de corruption. À cet effet, des mécanismes interministériels permanents ont été mis en place afin de renforcer l’efficacité de la riposte publique. « Nous n’avons pas besoin de communiquer pour agir. Ce sont les actes qui parlent », a-t-il insisté.
Le ministre d’État a également rappelé que le ministère de la Justice assume pleinement son rôle de pilote des contentieux nationaux et internationaux, ainsi que celui de conseiller juridique du Gouvernement, contribuant ainsi au renforcement de la position de la République démocratique du Congo sur la scène judiciaire internationale.
Par ailleurs, face à la vétusté des infrastructures pénitentiaires, dont certaines datent de 1925, Guillaume Ngefa a confirmé le lancement, dès 2026, d’un programme national de construction et de réhabilitation des prisons. La lutte contre les rétrocommissions a, en outre, permis de sécuriser le paiement régulier des fournisseurs, dans un souci accru de transparence et d’efficacité.
S’adressant enfin aux membres de son cabinet, le ministre d’État a rappelé que la fonction ministérielle est avant tout un service rendu à l’État, fondé sur la loyauté, la méritocratie, l’humilité et la solidarité institutionnelle. « Aucun dossier n’est individuel : tout relève de la responsabilité de l’État », a-t-il martelé.
« Je suis un passager. Les réformes, elles, doivent rester. » À travers cette feuille de route, le ministère de la Justice entend aborder l’année 2026 sous le sceau de la crédibilité, de la rigueur et de la confiance citoyenne, avec pour ambition de consolider l’État de droit et de renforcer l’efficacité de l’action publique.
Gloire MALUMBA.K

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