La scène politique congolaise est en ébullition après la rencontre très médiatisée entre le président Félix Tshisekedi et l’opposant Martin Fayulu. Cette entrevue, qui s’est tenue le 5 juin au Palais de la Nation, à Kinshasa, a donné lieu à une proposition controversée : la création d’un “camp de la patrie” pour faire face à la crise sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo (RDC). Une initiative vivement critiquée par Jean-Marc Kabund, président de l’Alliance pour le changement (ACh).
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, vendredi 6 juin au soir, Jean-Marc Kabund a dénoncé cette proposition, la qualifiant d’« erreur stratégique majeure » menaçant l’unité nationale. « Créer un camp autoproclamé de “la patrie” opposé à un autre qualifié d’“anti-patrie” constitue une erreur stratégique majeure. Une telle approche est incompatible avec la résolution pacifique du conflit, que nous appelons de nos vœux par le biais du dialogue », a-t-il écrit.
Kabund redoute que cette logique de polarisation ne compromette les fragiles espoirs de réconciliation dans un contexte déjà marqué par de profondes tensions politiques et sécuritaires. « Elle compromet sérieusement les maigres chances restantes de réconciliation entre les filles et les fils de la République démocratique du Congo et nuit à l’indispensable cohésion nationale », a-t-il averti.
Alors que les provinces de l’Est du pays, notamment le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, sont confrontées à une recrudescence des violences armées orchestrées par les rebelles du M23-AFC soutenus, selon Kinshasa, par le Rwanda , les appels au dialogue se multiplient. Martin Fayulu, leader du parti Engagement citoyen pour le développement (ECIDé), a lui-même reconnu l’urgence de la situation dans une vidéo publiée le 2 juin, appelant à un « sursaut d’honneur » pour préserver l’unité du pays.
M. Fayulu a présenté sa proposition de «camp de la patrie» comme une initiative patriotique visant à rassembler les forces vives du pays contre les menaces de balkanisation. Il a également mis en cause la responsabilité présumée de figures politiques comme Joseph Kabila et Corneille Nangaa, qu’il accuse de collusion avec les groupes rebelles.
Pour Jean-Marc Kabund, cependant, ce type de discours risque davantage d’alimenter les divisions que de les apaiser. Il a lancé un appel à un « dialogue sincère, inclusif et urgent », affirmant que le peuple congolais a besoin de paix et non de querelles partisanes dictées par des ambitions personnelles.
Alors que la RDC est confrontée à ce que de nombreux acteurs qualifient de « crise existentielle », l’heure semble être aux choix responsables. Le pari d’une unité nationale effective reste à relever, dans un climat de méfiance et de fragilité croissante.
Gloire MALUMBA.K

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