« Le discours de Tshisekedi sur le dialogue est une grave déception. Quand la Nation est en crise, le Président ne peut être à la fois l’initiateur, le maître du jeu et l’arbitre de son propre dialogue », a écrit José Makila sur X. Et d’ajouter : « Se prendre pour l’Alpha et l’Oméga du dialogue national, c’est confondre la République avec son pouvoir. La RDC a besoin d’un dialogue libre, inclusif et sincère, pas d’une mise en scène destinée à sauver un système. »
Cette prise de position intervient au lendemain de l’annonce, par Félix Tshisekedi, du lancement du « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Dans son adresse à la nation, le président congolais a annoncé un processus d’une durée maximale de trois mois, qui doit commencer par des consultations dans les 26 provinces avant la tenue d’assises nationales à Kinshasa.
Le chef de l’État entend réunir autour de cette initiative la majorité et l’opposition, mais aussi les représentants de la société civile, des confessions religieuses et des autorités coutumières. Les milieux économiques, professionnels, universitaires et scientifiques sont également concernés. Les femmes et les jeunes, les travailleurs, les personnes vivant avec handicap, les entrepreneurs, les agriculteurs, les enseignants, les chercheurs, les artistes et les professionnels de santé sont appelés à participer aux consultations.
Mais cette volonté affichée d’ouverture est assortie d’une exclusion politique clairement assumée par le président de la République. Félix Tshisekedi a indiqué que les acteurs qui continueront à recourir aux armes contre l’ordre constitutionnel ou à occuper par la force une partie du territoire national ne pourront pas prendre part au dialogue en tant que composantes politiques.
« Nul ne peut prétendre s’asseoir à la table de la Nation tout en prenant les armes contre elle », a déclaré le chef de l’État.
Cette disposition concerne directement, dans le contexte actuel, l’AFC/M23, que Kinshasa accuse de poursuivre la lutte armée et d’occuper plusieurs territoires dans l’est de la RDC. Le mouvement rebelle est ainsi tenu à l’écart du dialogue national annoncé à Kinshasa.
Pour Félix Tshisekedi, cette exclusion ne signifie toutefois pas la fin des discussions avec l’AFC/M23. Les pourparlers menés à Doha, sous la médiation du Qatar, demeurent, selon lui, le cadre approprié pour traiter avec ce mouvement des questions directement liées au conflit, notamment la cessation des hostilités, le désengagement, le cantonnement et le désarmement.
La distinction opérée par le président congolais entre le dialogue national et les négociations de Doha constitue ainsi l’un des principaux points de tension autour de son initiative. Pour José Makila, au contraire, la recherche d’une solution durable à la crise congolaise passe par un processus politique auquel devraient pouvoir participer les acteurs directement concernés par le conflit.
MKG

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