Kinshasa n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié vendredi, le gouvernement congolais a mandaté la ministre des affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, pour exiger des éclaircissements de la part de Kampala. « La réouverture unilatérale de ce poste frontalier constitue un acte grave, susceptible de porter atteinte à la souveraineté de la RDC », souligne une source diplomatique congolaise.
Le poste de Bunagana, fermé côté congolais depuis plus de deux ans, constitue un enjeu stratégique et économique dans la région. Un rapport du Groupe d’experts des Nations unies, publié en décembre 2022, indiquait que le M23 y percevait des taxes sur les marchandises, les piétons et le bétail, générant jusqu’à 27 000 dollars américains par mois. Un financement qui alimente la capacité opérationnelle du mouvement rebelle, accusé de graves violations des droits humains.
Pour les autorités du Nord-Kivu, cette reprise d’activités frontalières risque de prolonger l’instabilité dans l’est du pays. « Cela renforce les capacités de financement du M23, avec des conséquences directes sur la sécurité de la région », alerte une source au sein du gouvernement provincial.
Dès juin 2022, alors que le M23 venait de s’emparer de Bunagana, le gouverneur militaire de la province, Constant Ndima, avait interdit toute activité commerciale via ce poste, assimilant tout échange à un acte de « collaboration avec l’ennemi ». Cette mesure reste officiellement en vigueur.
Dans un contexte régional tendu, marqué par des accusations persistantes de soutien au M23 par certains pays voisins, cette réouverture frontalière non concertée ravive les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kampala. La RDC exige désormais des explications formelles, au nom du respect de sa souveraineté et des engagements pris dans le cadre des mécanismes de coopération régionale.
Gloire MALUMBA.K

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