Le Président de la République, Félix Tshisekedi, est revenu avec fermeté sur la récente sortie médiatique du porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), Sylvain Ekenge, diffusée sur la chaîne nationale. Ces propos, jugés méprisants et stigmatisants à l’égard des femmes de la communauté tutsie, ont suscité une mise au point officielle lors de la 73ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 2 janvier à la Cité de l’Union africaine, à Kinshasa.
Face aux membres du gouvernement, Félix Tshisekedi a souligné que la parole publique engage l’État dans ce qu’il a de plus essentiel : sa crédibilité, son autorité morale et sa capacité à rassembler la Nation, tout en préservant la cohésion nationale. « Toute expression émanant d’un responsable public doit être empreinte de retenue, de responsabilité et d’un sens aigu de l’intérêt supérieur de la République », a-t-il insisté.
Le Chef de l’État a déploré cette dérive de langage, estimant qu’elle ne reflète ni les valeurs républicaines, ni l’éthique de responsabilité, ni la hauteur de vue attendue d’une prise de parole officielle, surtout lorsqu’elle émane d’un membre d’une institution stratégique comme l’Armée nationale. « De tels propos sont de nature à fragiliser la cohésion sociale, à alimenter des tensions inutiles et à porter atteinte à l’image et à la crédibilité de l’État, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », a-t-il averti.
Félix Tshisekedi a exprimé son soutien aux mesures prises à l’encontre du porte-parole, tout en rappelant que la parole de l’État ne doit jamais être improvisée, émotionnelle ou approximative. Il a rappelé que toute déclaration publique doit être portée avec retenue, responsabilité et clarté, en particulier sur des questions sensibles susceptibles d’avoir des répercussions sécuritaires, sociales, politiques ou diplomatiques.
Le Président a également lancé un appel à tous les membres du Gouvernement, aux responsables civils et militaires, ainsi qu’aux acteurs de la communication publique, les exhortant à éviter toute sortie médiatique incontrôlée sur des sujets sensibles liés à la défense, à la sécurité, à la cohésion sociale ou aux relations institutionnelles. « La parole publique doit demeurer un instrument de rassemblement, de stabilité et de confiance, et non une source de division ou de confusion », a-t-il insisté.
Enfin, pour prévenir la répétition de tels manquements, le Président a rappelé ses instructions au ministre de la Communication, Médias et Porte-parole du Gouvernement, afin de mettre en place un mécanisme formel de concertation préalable associant son Conseiller spécial en communication, les services de la Primature, de l’État-major général des FARDC et de la Police nationale congolaise. Ce dispositif vise à encadrer toute sortie médiatique diffusée sur la chaîne nationale ou tout autre média concernant des questions sensibles engageant l’État.
Gloire MALUMBA.K

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