La question a été soulevée lors de la 97ᵉ réunion du Conseil des ministres. Le chef de l’État affirme avoir été saisi de plusieurs rapports faisant état d’un vieillissement important des effectifs de l’administration, aussi bien dans le régime général que dans les différents régimes spécifiques.
Pour Félix Tshisekedi, cette situation ne relève pas seulement d’une question de gestion des carrières. Elle affecterait le fonctionnement et la performance de l’administration, la qualité des services publics ainsi que le renouvellement générationnel. Elle limiterait également les perspectives d’évolution des jeunes agents et pèserait sur la masse salariale de l’État.
Le président congolais souhaite donc accélérer le rajeunissement de la Fonction publique, tout en veillant aux conditions de départ des agents concernés. Des opérations de mise à la retraite avaient déjà été engagées en 2022 et en 2025, mais elles restent, selon lui, insuffisantes au regard de l’ampleur du phénomène.
Pour inscrire cette réforme dans la durée, Félix Tshisekedi demande au gouvernement de présenter, secteur par secteur, l’état d’avancement des mises à la retraite prévues pour 2026 ainsi que les projections pour 2027.
Il préconise également l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan trimestriel permanent de mise à la retraite, couvrant aussi bien le régime général que les régimes particuliers. L’objectif est de rompre avec des opérations ponctuelles et de faire du départ à la retraite un processus régulier de gestion des effectifs publics.
Le Chef de l’État insiste toutefois sur la nécessité de garantir un départ digne aux agents concernés. Le dispositif devra notamment permettre le paiement effectif des indemnités de fin de carrière et des pensions dues par la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics de l’État.
La réforme devra également s’appuyer sur des mécanismes de financement durables. Le gouvernement est appelé à explorer la mobilisation de partenaires bancaires, mais aussi la valorisation des réserves et placements de la sécurité sociale des agents publics.
Cette approche vise à réduire la dépendance du processus aux contraintes de trésorerie de l’État et à éviter que les difficultés de financement ne retardent davantage les départs à la retraite.
Une réforme qui mobilise plusieurs ministères
La mise en œuvre du dispositif sera coordonnée par le Vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public, en collaboration avec les membres du gouvernement concernés par les différents régimes de la fonction publique.
Plusieurs portefeuilles sont appelés à participer au processus, notamment ceux de l’Intérieur, de la Défense nationale et du Budget. Les ministères d’État chargés de l’Éducation nationale et de la Justice, ainsi que les ministères des Finances et de la Santé publique et celui de l’Enseignement supérieur, sont également concernés.
Le Cabinet du président de la République devra, lui aussi, prendre part au processus, sous la supervision de la Première ministre.
À travers cette réforme, Félix Tshisekedi entend faire de la mise à la retraite un instrument de renouvellement de l’administration, et non une simple formalité de gestion des carrières. Le chef de l’État demande aux membres du gouvernement concernés de s’approprier cette démarche, présentée à la fois comme une mesure de justice envers les agents en fin de carrière et comme un levier de rajeunissement de la Fonction publique et d’amélioration des services publics.
MKG

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