L’Union sacrée de la nation (USN), plateforme présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), a rejeté le « Pacte social » initié par les confessions religieuses réunies au sein de la CENCO et de l’ECC. Elle a réaffirmé que la convocation de tout dialogue national relève exclusivement des prérogatives du Président de la République. Cette position a été exprimée vendredi 19 décembre à Kinshasa, à l’issue d’un meeting populaire organisé après une marche dénonçant la non-application des accords de Washington par le Rwanda, rapporte l’Agence congolaise de presse (ACP).
S’exprimant devant les militants, le secrétaire permanent de l’USN, le professeur André Mbata, a estimé que l’initiative portée par les confessions religieuses ne saurait faire l’objet d’une quelconque mobilisation politique. Il a rappelé que seul le Chef de l’État, en sa qualité de haute autorité de l’Union sacrée de la nation, est habilité à convoquer un dialogue.
« Ça ne sert à rien de faire campagne. S’il doit y avoir un dialogue, il sera décidé par notre Chef, haute autorité de l’Union sacrée de la nation. Ne perdez pas le temps à organiser des cultes et des messes : s’il y a dialogue, il se tiendra sous l’égide de notre Chef », a-t-il déclaré.
Ces prises de position interviennent alors que, quelques jours auparavant, le vice-Premier ministre belge et ministre des Affaires étrangères, de l’Europe et de la Coopération, Maxime Prévot, avait estimé que les efforts de paix et de désescalade engagés au niveau régional face à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC demeuraient insuffisants sans un véritable processus interne de paix.
Selon le chef de la diplomatie belge, une telle dynamique permettrait aux acteurs congolais, dans toute leur diversité, de s’approprier les engagements pris sur la scène internationale, de les traduire en actions concrètes et de dégager un consensus autour des grandes réformes, notamment en matière de gouvernance. « Impliquer le plus grand nombre est aussi une manière de faire front face à l’adversité et de contribuer à l’apaisement de la scène politique congolaise », a-t-il souligné.
Le rassemblement de l’USN, qui a réuni près de 10 000 militants, visait à exprimer le soutien de la plateforme présidentielle au Chef de l’État et à démontrer à la communauté internationale l’adhésion de la population congolaise à son action. La marche est partie de la première rue de Limete, dans le centre de Kinshasa, avant d’emprunter le boulevard Triomphal pour s’achever à l’esplanade du Palais du peuple. À l’issue du meeting, une délégation restreinte a déposé un mémorandum auprès des ambassades des États-Unis, de la Russie et de la Chine.
Rédaction

Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter!