Dans une déclaration commune écrite rendue publique à l’issue de cette réunion, dont une copie est parvenue à notre rédaction, la formation politique appelle les forces de l’opposition à dépasser leurs divergences et à unir leurs forces au sein d’une « convergence d’actions ferme et responsable ». L’objectif affiché est de faire échec à ce qu’elle considère comme une volonté de Félix Tshisekedi de « confisquer le pouvoir », tout en défendant la Constitution et en œuvrant pour l’alternance au sommet de l’État en 2028.
Poursuivant sa déclaration, le Cadre de Concertation dit avoir pris acte, « sans surprise », de l’annonce faite le 27 août par Félix Tshisekedi concernant la convocation d’un congrès de l’Union sacrée, sa plateforme politique, qu’il estime « abusivement présenté comme un dialogue national ». Pour cette structure de l’opposition, cette initiative traduit une absence de volonté de s’attaquer aux crises politique, sécuritaire, sanitaire et sociale qui affectent le pays depuis les élections du 20 décembre 2023.
Un dialogue jugé « dépourvu d’inclusivité »
Le Cadre de Concertation rejette ainsi ce qu’il qualifie de « simulacre de dialogue », estimant que le processus est dépourvu d’« inclusivité, de neutralité et de crédibilité ». Selon cette plateforme, la démarche constituerait un « instrument politique » destiné à conduire le pays vers un référendum et, à terme, vers un « coup d’État constitutionnel », avec pour objectif ultime d’instaurer une présidence à vie de Félix Tshisekedi.
La plateforme met également en garde contre ce qu’elle qualifie de « fuite en avant du régime », qu’elle considère comme un affront au peuple congolais, aux partenaires de la RDC et aux efforts de paix menés notamment par l’Église catholique et l’Église du Christ au Congo. Elle estime que la poursuite de cette démarche éloignerait davantage le pays de la paix, de la réconciliation et de la cohésion nationale.
L’insécurité à Kinshasa et la crise sanitaire en Ituri
Au-delà de la question du dialogue, le Cadre de Concertation s’alarme de la recrudescence de l’insécurité urbaine à Kinshasa. Il dénonce la multiplication des actes de banditisme, des vols à main armée et des violences contre les citoyens, qu’il présente comme le signe d’une incapacité des autorités à garantir la sécurité des personnes et de leurs biens.
La situation sanitaire en Ituri figure également parmi ses préoccupations. La plateforme dit suivre avec « vive inquiétude » la dégradation de la situation dans cette province, épicentre de la 17ᵉ épidémie d’Ebola, qui aurait déjà fait plus de 2 744 morts. Elle salue néanmoins l’engagement des équipes de riposte et exprime sa solidarité envers les populations touchées.
Face à l’ampleur de la crise, le Cadre de Concertation déplore toutefois ce qu’il considère comme une réponse insuffisante du gouvernement et appelle à une mobilisation urgente des partenaires nationaux et internationaux afin de renforcer la riposte et de sauver des vies.
Goma et Bukavu : la suspension des activités universitaires dénoncée
La plateforme s’en prend également à la décision du gouvernement de suspendre les activités d’enseignement supérieur et universitaire à Goma et à Bukavu. Elle qualifie cette mesure de « disproportionnée, discriminatoire et attentatoire aux droits des étudiants », estimant qu’elle prive des milliers de jeunes d’un droit garanti par la Constitution.
Elle établit par ailleurs un parallèle avec la fermeture des banques qui, selon elle, prive des milliers de citoyens de l’accès à leur épargne.
À quelques jours de la rentrée scolaire 2026-2027, le Cadre de Concertation dénonce enfin l’incapacité du gouvernement à répondre aux revendications du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO). Il redoute que cette situation ne compromette la rentrée scolaire et ne mette en péril l’avenir de millions d’élèves.
Au terme de sa déclaration, le Cadre de Concertation dresse ainsi un constat sévère de la gestion du pays. Face à l’accumulation des crises, il estime que Félix Tshisekedi aurait « renoncé à gouverner pour le peuple » et poursuivrait désormais un seul objectif : « s’éterniser au pouvoir », au mépris de la Constitution et de la volonté du souverain primaire.
Gloire MALUMBA

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