Présentés et validés lors d’une cérémonie officielle organisée dans la capitale congolaise, ces deux documents sont destinés à servir de feuille de route pour les réformes, les investissements publics et les partenariats dans un secteur considéré comme un levier majeur de croissance et de modernisation de l’État.
Pour Augustin Kibassa Maliba, la PSEN et la SNIA vont bien au-delà d’un simple cadre technique. Elles traduisent l’ambition du gouvernement de faire du numérique et de l’intelligence artificielle des instruments de souveraineté, de diversification économique, de création d’emplois et d’amélioration des services publics.
« Notre pays ne peut se contenter de subir la révolution numérique. Il doit la comprendre, l’organiser, la sécuriser et la mettre au service de son propre développement », a déclaré le ministre.
Cette démarche s’inscrit, selon lui, dans la vision du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo ainsi que dans le Programme d’actions du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. L’objectif affiché est de bâtir, à l’horizon 2030, une RDC « souveraine, connectée, innovante et inclusive ».
Moderniser l’État et développer l’économie numérique
Premier pilier de cette ambition, la Politique sectorielle de l’économie numérique vise à encadrer le développement d’infrastructures numériques modernes et résilientes, à accélérer la transformation digitale de l’administration publique et à favoriser l’essor de l’économie numérique.
Le document prévoit également le soutien à l’innovation et aux startups, le renforcement de la cybersécurité ainsi qu’une meilleure gouvernance des données.
Selon Augustin Kibassa Maliba, cette politique devrait permettre de mettre fin à la dispersion des initiatives numériques en renforçant la coordination des investissements, l’interconnexion des systèmes publics et la mutualisation des infrastructures. Elle ambitionne aussi de réduire la fracture numérique afin de rendre les services publics plus accessibles, plus efficaces et plus sécurisés.
Faire émerger un écosystème national de l’intelligence artificielle
La Stratégie nationale de l’intelligence artificielle constitue le second axe de cette vision. Elle vise à doter le pays de capacités nationales dans ce domaine, à stimuler la recherche scientifique, à valoriser les données disponibles et à encourager le développement de solutions technologiques adaptées aux réalités congolaises.
Le ministre estime que l’intelligence artificielle pourrait jouer un rôle déterminant dans plusieurs secteurs prioritaires, notamment l’éducation, la santé, l’agriculture, les transports, la gestion des ressources naturelles, la sécurité et l’administration publique.
Toutefois, a-t-il insisté, son déploiement devra s’appuyer sur des principes d’éthique, de transparence, de responsabilité, de cybersécurité et de protection des données personnelles.
« Nous voulons une intelligence artificielle qui comprenne nos réalités, qui réponde à nos besoins et qui contribue à résoudre les défis auxquels notre population est confrontée », a-t-il affirmé.
Une mobilisation attendue de l’ensemble du gouvernement
Augustin Kibassa Maliba a également souligné que la transformation numérique ne relève pas exclusivement de son ministère. Elle implique l’ensemble des secteurs de l’action publique, de l’éducation à l’enseignement supérieur, en passant par la recherche scientifique, la formation professionnelle, les PME ou encore les industries extractives.
Dans le secteur minier, a-t-il relevé, les technologies numériques pourraient améliorer la connaissance du sous-sol, renforcer la traçabilité des ressources naturelles et accroître la productivité.
Le ministre a ainsi appelé chaque département ministériel à décliner les orientations de la PSEN et de la SNIA en programmes sectoriels assortis d’objectifs mesurables, d’indicateurs de performance et de ressources budgétaires adaptées.
Après leur validation technique, les deux documents seront soumis au Conseil des ministres pour adoption. Leur mise en œuvre passera notamment par la finalisation des plans d’action, la mise en place d’un mécanisme interministériel de pilotage, l’intégration des priorités numériques dans les budgets sectoriels ainsi que la création d’un dispositif de suivi et d’évaluation.
« Faisons de la Politique sectorielle de l’économie numérique et de la Stratégie nationale de l’intelligence artificielle non pas deux documents supplémentaires, mais deux instruments concrets de transformation de la République démocratique du Congo », a conclu Augustin Kibassa Maliba.
MKG

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