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FINANCES

RDC : les entreprises publiques ont cumulé plus de 5 milliards de dollars de pertes en dix ans ( 2014-2023)

Entre 2014 et 2023, les entreprises publiques congolaises ont accumulé environ 5,3 milliards de dollars de pertes, selon un rapport de la Banque mondiale cité par RFI. Ce diagnostic sévère met en lumière les fragilités structurelles d’un secteur stratégique mais fortement déficitaire, pesant lourdement sur les finances publiques et la qualité des services essentiels en République démocratique du Congo (RDC).

Photo d'illustration. Les billets de dollars américains.
Photo d'illustration. Les billets de dollars américains.

La Banque mondiale dresse un constat particulièrement sévère sur les entreprises publiques en République démocratique du Congo (RDC). Entre 2014 et 2023, celles-ci ont accumulé environ 5,3 milliards de dollars de pertes, soit plus de 500 millions par an. Un niveau que l’institution met en perspective en le rapprochant de presque l’équivalent du budget annuel de la santé du pays.

Dans un rapport consacré à la situation économique de la RDC et cité par RFI, ce dimanche 10 mai 2026, la Banque mondiale décrit un secteur fragilisé par des déséquilibres structurels persistants. Ces pertes concernent des entreprises stratégiques opérant dans l’énergie, les transports, l’eau et les mines. Dans une économie largement portée par les exportations minières, le poids du portefeuille public apparaît paradoxal : central dans l’architecture économique, mais durablement déficitaire et de plus en plus difficile à soutenir pour les finances de l’État.

En 2023, plus des deux tiers des entreprises publiques disposant de données financières ont enregistré des résultats négatifs. Les difficultés sont particulièrement marquées dans les secteurs essentiels. Dans l’électricité, la société nationale d’électricité (SNEL) fait face à des pertes techniques évaluées à 37 % de sa production, dans un contexte de réseau vétuste et de coupures récurrentes. Dans l’eau, la REGIDESO ne parvient à desservir qu’une partie limitée de la population, avec d’importantes déperditions entre production et distribution.

Les transports publics illustrent également cette dégradation. L’ONATRA, la SNCC et la RVA figurent parmi les structures les plus fragilisées, confrontées à des infrastructures vieillissantes, des déficits chroniques et une capacité d’investissement limitée.

Au-delà des pertes, le rapport met en évidence une dynamique d’endettement préoccupante. Celui-ci est passé de 5,7 % du PIB en 2019 à 7,3 % en 2023, représentant désormais environ 42 % de la dette extérieure publique. La Banque mondiale estime qu’un défaut de paiement des principales entreprises publiques pourrait coûter au Trésor près de 179 millions de dollars en une seule année, la SNEL concentrant à elle seule l’essentiel de ces engagements.

Les tensions de trésorerie apparaissent structurelles : retards de paiement accumulés, créances stagnantes et recours à l’endettement non pour investir, mais pour assurer la continuité des opérations. Ce fonctionnement entretient un cercle vicieux de sous-performance et de dépendance croissante à l’État.

Le rapport pointe également des défaillances de gouvernance, évoquant des conseils d’administration politisés, des nominations insuffisamment fondées sur les compétences et un contrôle institutionnel fragmenté. La transparence financière reste limitée : en 2024, seules dix des vingt principales entreprises publiques ont publié leurs états financiers, souvent de manière irrégulière.

Même le secteur minier public, pourtant central dans les recettes d’exportation, n’échappe pas à ces fragilités. La Gécamines concentre une part significative de la dette du portefeuille public, tandis qu’à la MIBA, les charges salariales dépassent largement les revenus, atteignant jusqu’à 137 % du chiffre d’affaires.

Dans un pays au potentiel hydroélectrique considérable mais exploité à seulement 3,2 % la Banque mondiale voit dans ces dysfonctionnements un frein majeur, non seulement pour les finances publiques, mais aussi pour la compétitivité économique et l’amélioration des conditions de vie des populations.


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