Par ce geste, les élus entendent dénoncer ce qu’ils considèrent comme un manque de considération de la représentation nationale face à la crise qui secoue leurs provinces depuis plusieurs années. Ils estiment que la persistance des violences, les massacres de civils et l’extension de l’insécurité exigent une mobilisation accrue des institutions du pays.
« Nous sortons pour présenter notre indignation par rapport au comportement de certains collègues d'autres provinces qui ne mesurent pas la gravité de ce qui se passe à l'Est », a déclaré Daniel Furaha Uma, député de Mahagi, en Ituri, et porte-parole du groupe.
Au centre de leurs revendications figure la comparution devant l’Assemblée nationale du vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur et du ministre de la Défense. Les parlementaires souhaitent obtenir des explications sur les résultats de cinq années d’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, une mesure exceptionnelle instaurée en mai 2021 pour tenter d’endiguer l’insécurité dans ces deux provinces.
Les élus réclament également des clarifications sur l’évolution de la situation militaire dans l’Est du pays. Ils s’inquiètent notamment de la poursuite de l’offensive de l’AFC/M23, que Kinshasa accuse d’être soutenue par le Rwanda, ainsi que de la recrudescence des attaques attribuées aux rebelles des ADF dans la région de Beni. Ils se disent par ailleurs préoccupés par des informations faisant état d’une extension de cette menace vers la province du Haut-Uélé.
Cette suspension des activités parlementaires constitue ainsi un nouveau signal d’alarme lancé par les représentants des populations de l’Est. À travers cette démarche, ils appellent à l’ouverture d’un débat national sur l’efficacité des réponses sécuritaires apportées jusqu’ici et sur les mécanismes à mettre en œuvre pour assurer une meilleure protection des civils.
MKG

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