« Nous avons besoin de la MONUSCO pour que notre territoire retrouve la sécurité », a déclaré vendredi 26 juin Mungeni Yuma, coordonnateur de la Société civile/Forces vives de Mambasa. Selon lui, la Mission constitue un partenaire essentiel des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des forces ougandaises (UPDF) engagées dans la lutte contre les groupes armés et la protection des populations civiles.
Cet appel intervient alors que la situation sécuritaire se dégrade de nouveau dans ce territoire situé à environ 174 kilomètres à l’ouest de Bunia. Après plus de deux années d’accalmie relative, les attaques des ADF se sont multipliées depuis le début de l’année. Plusieurs localités, notamment Muchacha, Babesoa, Bafwakoa et même Mambasa-centre, ont été visées par des incursions meurtrières ayant causé la mort de plus de 150 civils, selon des sources sécuritaires locales.
Pour les acteurs de la société civile, le regard porté sur la MONUSCO a considérablement évolué ces derniers mois. Mungeni Yuma estime que l’hostilité manifestée auparavant à l’égard de la Mission était largement alimentée par la désinformation et une méconnaissance de son mandat.
« C’était de la sous-information. Nous-mêmes, leaders communautaires, n’avions pas été suffisamment sensibilisés pour accueillir la MONUSCO, et les jeunes non plus », a-t-il expliqué.
Selon lui, les campagnes de sensibilisation menées récemment ont permis de modifier progressivement la perception de la population. « Aujourd’hui, cette sensibilisation a eu lieu. La MONUSCO est déjà installée chez nous, dans le groupement de Nyangwe, au village de Bavalakaniki. Ensemble, nous allons accompagner ce partenaire du gouvernement », a-t-il ajouté.
Dans cette dynamique de rapprochement avec les communautés locales, une mission pluridisciplinaire de la MONUSCO séjourne à Mambasa-centre depuis le 23 juin. Son objectif est de renforcer le dialogue avec la population et de mieux faire connaître son mandat.
Les équipes onusiennes ont rencontré les autorités locales, les organisations de la société civile, les associations de jeunes et de femmes ainsi que les professionnels des médias afin de consolider la confiance entre la Mission et les habitants.
Les représentants de la jeunesse reconnaissent également que les campagnes de désinformation ont contribué à détériorer les relations entre la population et la MONUSCO. Pour Hemedi Omba, président du Conseil territorial de la jeunesse de Mambasa, la lutte contre les fausses informations est devenue une priorité.
« C’est très important de lutter contre la désinformation, parce qu’elle peut faire échouer n’importe quelle mission », a-t-il affirmé, rejetant les rumeurs accusant la MONUSCO de soutenir les ADF.
Selon lui, les échanges organisés avec les communautés ont permis de dissiper de nombreux malentendus. « Après les explications et le dialogue, les jeunes ont compris que ce qu’ils entendaient n’avait rien à voir avec la réalité. Nous avons même adressé une lettre pour inviter officiellement la MONUSCO à revenir à Mambasa », a-t-il indiqué.
À l’issue de ces consultations, la MONUSCO et les acteurs locaux ont convenu de renforcer leur coopération afin d’améliorer la protection des civils. Parmi les mesures envisagées figure la mise en place d’un mécanisme d’alerte précoce destiné à faciliter la transmission rapide des informations sécuritaires entre les communautés, les forces de défense et la Mission.
La mission devrait s’achever par un atelier consacré à la lutte contre la désinformation et les discours de haine. Cette rencontre réunira des représentants de la société civile, des organisations de jeunesse, des associations féminines, des administrateurs de groupes WhatsApp ainsi que des professionnels des médias. L’objectif affiché est de promouvoir une information responsable et de renforcer la confiance entre les populations locales et les acteurs engagés dans la stabilisation du territoire de Mambasa.
MKG

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