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SÉCURITÉ

Retrait du M23 de Minova et de plusieurs localités : une conséquence des accords de Washington ?

Un mouvement de retrait significatif des éléments de l'Alliance Fleuve Congo (AFC)-M23 a été observé ce samedi 28 mars 2026 à Minova, dans le territoire de Kalehe, ainsi que dans plusieurs localités stratégiques des territoires de Lubero, Masisi et Walikale. Ce repli, confirmé par des sources de la société civile locale et évoqué lors des derniers briefings des Nations Unies, marque un tournant potentiel dans la crise sécuritaire à l'Est de la RDC.

Les éléments de l'AFC-M23. ( Photo d'illustration)
Les éléments de l'AFC-M23. ( Photo d'illustration)

Selon les témoignages recueillis auprès de la société civile de Kalehe, le retrait des troupes rebelles s'est intensifié entre le vendredi 27 et ce samedi 28 mars. Les combattants de l'AFC-M23 ont abandonné une dizaine de villages, emportant avec eux leur arsenal militaire, notamment des armes lourdes et d'appui. Ce mouvement s'effectue de manière coordonnée, les troupes se dirigeant vers le territoire de Rutshuru, leur bastion principal.

Parmi les localités libérées figurent Minova (Sud-Kivu), ainsi que Mijenge, Mpati et Pinga (Walikale), et plusieurs villages du territoire de Lubero tels que Miriki, Kipese et Alimbongo.

Ce retrait intervient dans un contexte diplomatique intense. Lors du briefing au Conseil de Sécurité des Nations Unies le jeudi 26 mars 2026, Vivian van de Perre, Représentante spéciale adjointe de la MONUSCO, a souligné l'importance des discussions tenues à Washington les 17 et 18 mars derniers. Ces échanges entre les délégués de la RDC et du Rwanda visaient à opérationnaliser l'accord de paix du 4 décembre 2025.

Bien que l'AFC-M23 n'ait pas publié de communiqué officiel spécifique sur ce mouvement ce samedi, ce repli est perçu par de nombreux observateurs comme une mise en œuvre des engagements pris sous l'égide de la diplomatie internationale pour réduire les tensions régionales.

Malgré le départ des rebelles, la situation sur le terrain reste précaire. La société civile de Kalehe alerte sur le vide sécuritaire laissé par ce retrait. En l'absence d'un redéploiement immédiat des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) ou de la Police Nationale Congolaise (PNC), ce sont les groupes armés locaux, communément appelés Wazalendo, qui occupent désormais les zones abandonnées.

Les populations locales, bien que soulagées par le départ du M23, expriment de vives inquiétudes quant à la stabilité de cette transition et appellent les autorités nationales à restaurer sans délai l'autorité de l'État dans ces localités libérées pour éviter de nouvelles exactions.


Crispin Murhimanya

LA REDACTION

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