En visite en République démocratique du Congo (RDC) depuis la veille, alors que le pays lutte contre une épidémie d'Ebola due à la souche Bundibugyo, Kaseya a dénoncé l'opacité entourant la gestion des fonds destinés à la riposte.
« Les donateurs nous ont envoyé des éléments précis : 926,66 millions de dollars ont été versés aux partenaires de mise en œuvre », a-t-il déclaré, précisant qu'une réunion organisée par le docteur Kalambayi et le directeur général de l'INSP n'avait réuni que moins de 30 % des partenaires. « Ça fait 700 millions de dollars à rechercher, et qui existent », a-t-il insisté.
Le responsable a assuré qu'il mènerait « un combat sans relâche » pour retrouver ces sommes, en commençant par demander des comptes à chaque partenaire. Il a affirmé que ses chiffres reposaient sur des notes verbales transmises par les donateurs, et rappelé avoir participé à la réunion du G20, dont l'enregistrement de chaque intervention de bailleur est, selon lui, disponible.
Un « flou artistique » dénoncé par Kinshasa
Le 2 octobre, lors d'un point de presse, Dieudonné Mwamba, directeur général de l'INSP, avait déjà souligné le manque de transparence : sur environ 94 partenaires accrédités par la RDC dans le cadre de la riposte, seuls 25 avaient communiqué des informations sur les fonds reçus et leur utilisation. Sur quelque 260 millions de dollars d'engagements annoncés, 226,3 millions avaient été perçus et 127,4 millions dépensés, laissant un solde disponible estimé à 89,3 millions.
Dénonçant un « flou artistique », le ministre de la santé publique, Roger Samuel Kamba, avait annoncé des mesures coercitives à l'encontre des organisations qui ne justifieraient pas l'usage des fonds reçus. Il avait expliqué que cette exigence faisait suite à une instruction du chef de l'Etat, Félix Tshisekedi. Des courriers doivent être adressés aux partenaires concernés ; ceux qui ne s'y conformeraient pas pourraient perdre leur accréditation et faire l'objet d'une intervention de la Direction générale de migration.
Kamba avait par ailleurs indiqué que le premier plan de riposte, établi sur trois mois, faisait état d'environ 227 millions de dollars mobilisés, dont près de 99 millions resteraient inutilisés par les partenaires. Il avait assuré que les 50 millions de dollars mobilisés par l'Etat avaient été employés « de manière transparente », selon un rapport remis à la première ministre.
Le ministre avait enfin déploré le manque de visibilité sur les ressources mobilisées par les partenaires, estimant que cette situation pèse sur le système de santé et complique les discussions avec les institutions financières internationales, au premier rang desquelles le Fonds monétaire international (FMI), au sujet des appuis budgétaires.
Labora
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