Dans un communiqué, tout en saluant l’implication du président angolais dans les efforts de paix en République démocratique du Congo, la dynamique "Sauvons la RDC "fustige une diplomatie menée par Félix Tshisekedi, qu’elle qualifie d’erratique. Le ballet incessant entre Nairobi, Luanda, Doha, Bujumbura, Kampala ou encore Lomé traduirait, selon elle, l’absence d’une vision claire et un déficit manifeste de cohérence stratégique.
Cette accumulation d’initiatives estime le mouvement sous conduite de l'ancien Chef de l'État Joseph Kabila, donnerait « un goût d’inachevé » et laisserait davantage l’impression de brouiller les pistes que de rassurer sur l’existence d’une réelle volonté de parvenir à une solution politique durable.
Plus fondamentalement, l’opposition dénonce ce qu’elle décrit comme une « instabilité de la parole d’État », caractérisée par des ambiguïtés persistantes, des contradictions dans les orientations stratégiques et une instrumentalisation répétée des processus politiques. Autant de pratiques qui, estime le mouvement, ont largement entamé la crédibilité des discours et des engagements du président Félix Tshisekedi, tant sur le plan national qu’international.
Pour Sauvons la RDC, la volonté politique ne se proclame pas : elle se démontre. Elle passe notamment par le respect des accords déjà signés, en particulier ceux relatifs à la libération des prisonniers, à la décrispation du climat politique et au respect effectif des cessez-le-feu. Or, déplore le mouvement, le gouvernement continue de procéder à des arrestations arbitraires, des enlèvements et des mises en exil forcées visant des opposants politiques, des officiers militaires, des journalistes et des défenseurs des droits humains, en violation flagrante de la liberté d’opinion garantie par la Constitution.
Dans le même temps, l’opposition accuse le pouvoir de mener des opérations militaires de grande envergure à chaque déplacement présidentiel pourtant présenté comme une initiative en faveur de la paix. Des mouvements de troupes, des attaques contre des zones densément peuplées ainsi que des bombardements de civils par drones et avions de combat seraient régulièrement signalés. C’est dans ce contexte que le mouvement situe le massacre survenu le 11 janvier 2026 à Bukama, dans la province du Haut-Lomami, où des populations civiles sans défense auraient été victimes de tueries, d’actes de torture et de traitements inhumains, perpétrés par des éléments des FARDC agissant sur ordre de Kinshasa.
Face à ce qu’il qualifie de « triste record », Sauvons la RDC affirme que les mesures de décrispation politique constituent des préalables non négociables à tout dialogue crédible. Le mouvement réclame des actes concrets, et non des promesses jugées répétitives et sans effet.
L’opposition estime par ailleurs qu’un véritable retour à la paix passe d’abord par l’aboutissement du processus de Doha, impliquant le gouvernement et l’opposition armée. « Ce n’est qu’après la prise en charge effective des aspects militaires de la crise et la mise en œuvre des cessez-le-feu que le dialogue politique pourra se tenir dans un climat apaisé et remplir sa mission : réconcilier les Congolais, restaurer l’unité nationale et jeter les bases d’un consensus durable sur le vivre-ensemble », souligne le document.
Pour être crédible, insiste le mouvement, ce dialogue devra être inclusif et sans tabou, rejetant toute rencontre dictée par la volonté d’une seule partie, d’autant plus lorsqu’elle est perçue comme à l’origine de nombreux maux à résoudre. Dans cette perspective, les évêques catholiques et protestants apparaissent, selon Sauvons la RDC, comme les médiateurs les mieux indiqués. Forts d’un travail préparatoire salué consistant à écouter, sans préjugés, l’ensemble des forces politiques et sociales ainsi que plusieurs dirigeants de la région ils maîtriseraient à la fois les acteurs impliqués et les causes profondes de la crise.
Enfin, tout en réaffirmant son attachement au principe des solutions africaines aux problèmes africains, le mouvement souligne que les difficultés des Congolais ne sauraient être résolues sans l’implication directe des Congolais eux-mêmes. Le rejet par le pouvoir en place du rôle de médiateur des évêques nourrit, selon lui, le soupçon d’une manœuvre dilatoire visant à gagner du temps, au détriment des intérêts supérieurs du pays.
Rédaction

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