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JUSTICE

Sortie médiatique ratée de Suminwa : des femmes congolaises exigent des poursuites pour des propos « sexistes »

Un mémorandum a été déposé, lundi 27 avril, auprès du ministre d’État, ministre de la justice et garde des sceaux, Guillaume Ngefa, par un groupe de femmes congolaises réclamant l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs de propos injurieux et sexistes visant la première ministre, Judith Suminwa Tuluka.

Lors de réception des femmes congolaises par le ministre de la justice Guillaume Ngefa.
Lors de réception des femmes congolaises par le ministre de la justice Guillaume Ngefa.

Selon une dépêche de la cellule de communication du ministère, à l’origine de cette initiative, des centaines de femmes réunies au sein du mouvement de la Marche mondiale des femmes. Elles dénoncent des attaques verbales intervenues à la suite de la prestation de la cheffe du gouvernement sur TV5 Monde, le 19 avril, au cours de laquelle elle s’exprimait notamment sur l’accord migratoire conclu avec les États-Unis.

Rassemblées devant le palais de justice de Kinshasa, les manifestantes se sont dites « indignées » et « très en colère ». Le mémorandum, lu par Me Thérèse Kulungu, coordinatrice nationale du mouvement, fustige « des propos outrageants, injurieux et à caractère manifestement sexiste », attribués à un individu se présentant sous le pseudonyme de « Dinosaure » et se revendiquant, sans mandat officiel, communicateur du président de la République.

« Cette impunité répétée ne fait qu’encourager la banalisation des discours haineux, sexistes et dégradants dans l’espace public et numérique », a déclaré Mme Kulungu, précisant qu’une plainte formelle avait été initiée afin que les faits soient examinés « avec toute la rigueur de la loi ».

Les signataires exigent notamment « l’ouverture diligente d’une procédure judiciaire », « l’identification et la poursuite des auteurs » ainsi que « l’application de sanctions à la hauteur de la gravité des faits ».

Reçu par les représentantes du mouvement, Guillaume Ngefa a salué « un engagement citoyen empreint de dignité et de responsabilité ». Le ministre a assuré qu’« aucun acte de haine, d’injure ou de diffamation ne restera impuni » et que les auteurs seraient « identifiés et traduits en justice conformément aux lois de la République ».

Tout en rappelant que la liberté d’expression constitue « un droit fondamental », il a souligné qu’elle « ne saurait être détournée pour porter atteinte à la dignité, à la réputation et à la sécurité du pays ». Il a également indiqué que des démarches judiciaires étaient déjà en cours, en coordination avec des avocats spécialisés, y compris à l’international.

À l’issue de l’audience, Me Kulungu a réaffirmé la détermination des manifestantes : « La femme mérite respect, la femme mérite dignité, et le respect ne se négocie pas. Si le gouvernement ne fait rien, les femmes vont se lever pour dire non. »

La marche pacifique, qui s’est achevée devant le palais de justice, a rassemblé des centaines de participantes venues dénoncer ce qu’elles qualifient de « dérive verbale sexiste » susceptible de fragiliser la paix sociale. « La paix, ce n’est pas seulement le bruit des bottes. Aujourd’hui, nous avons le sentiment de l’avoir perdue », a conclu  Kulungu, visiblement émue.


MKG

LA REDACTION

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