Selon une dépêche de la cellule de communication du ministère, à l’origine de cette initiative, des centaines de femmes réunies au sein du mouvement de la Marche mondiale des femmes. Elles dénoncent des attaques verbales intervenues à la suite de la prestation de la cheffe du gouvernement sur TV5 Monde, le 19 avril, au cours de laquelle elle s’exprimait notamment sur l’accord migratoire conclu avec les États-Unis.
Rassemblées devant le palais de justice de Kinshasa, les manifestantes se sont dites « indignées » et « très en colère ». Le mémorandum, lu par Me Thérèse Kulungu, coordinatrice nationale du mouvement, fustige « des propos outrageants, injurieux et à caractère manifestement sexiste », attribués à un individu se présentant sous le pseudonyme de « Dinosaure » et se revendiquant, sans mandat officiel, communicateur du président de la République.
« Cette impunité répétée ne fait qu’encourager la banalisation des discours haineux, sexistes et dégradants dans l’espace public et numérique », a déclaré Mme Kulungu, précisant qu’une plainte formelle avait été initiée afin que les faits soient examinés « avec toute la rigueur de la loi ».
Les signataires exigent notamment « l’ouverture diligente d’une procédure judiciaire », « l’identification et la poursuite des auteurs » ainsi que « l’application de sanctions à la hauteur de la gravité des faits ».
Reçu par les représentantes du mouvement, Guillaume Ngefa a salué « un engagement citoyen empreint de dignité et de responsabilité ». Le ministre a assuré qu’« aucun acte de haine, d’injure ou de diffamation ne restera impuni » et que les auteurs seraient « identifiés et traduits en justice conformément aux lois de la République ».
Tout en rappelant que la liberté d’expression constitue « un droit fondamental », il a souligné qu’elle « ne saurait être détournée pour porter atteinte à la dignité, à la réputation et à la sécurité du pays ». Il a également indiqué que des démarches judiciaires étaient déjà en cours, en coordination avec des avocats spécialisés, y compris à l’international.
À l’issue de l’audience, Me Kulungu a réaffirmé la détermination des manifestantes : « La femme mérite respect, la femme mérite dignité, et le respect ne se négocie pas. Si le gouvernement ne fait rien, les femmes vont se lever pour dire non. »
La marche pacifique, qui s’est achevée devant le palais de justice, a rassemblé des centaines de participantes venues dénoncer ce qu’elles qualifient de « dérive verbale sexiste » susceptible de fragiliser la paix sociale. « La paix, ce n’est pas seulement le bruit des bottes. Aujourd’hui, nous avons le sentiment de l’avoir perdue », a conclu Kulungu, visiblement émue.
MKG

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