PRESSE ACTU est votre média de référence pour les actualités congolaises et internationales. Politique, économie, culture, sport et bien plus.

DIPLOMATIE

Sous pression américaine, la RDC explore une route d’exportation de cuivre vers le Moyen-Orient

La République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la valorisation de ses ressources minières. Kinshasa envisage d’ouvrir une voie d’exportation de cuivre vers l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative soutenue par les États-Unis, rapporte Bloomberg ce jeudi 5 février 2026.

Photo d'illustration.
Photo d'illustration.

Selon l’agence, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à connecter les chaînes d’approvisionnement africaines en ressources naturelles à la forte demande industrielle du Moyen-Orient. Le futur dispositif logistique et commercial devrait faciliter l’acheminement du cuivre extrait dans la ceinture cuprifère congolaise vers plusieurs marchés stratégiques du Golfe.

Pour les responsables congolais, cette coopération traduit l’intérêt croissant des investisseurs du Moyen-Orient pour la diversification de leurs sources d’approvisionnement et la sécurisation des matières premières indispensables à leurs industries.

Un partenariat historique avec les Émirats


Cette dynamique intervient alors que Kinshasa et Abou Dhabi viennent de franchir une étape majeure dans leurs relations bilatérales. Depuis le lundi 2 février, la RDC et les Émirats arabes unis ont signé un Accord de partenariat économique global (APEG), accompagné de trois mémorandums d’entente.

La cérémonie s’est tenue au palais présidentiel de Qasr Al Watan, à Abou Dhabi, en présence du président Félix Tshisekedi et du président émirati Cheikh Mohamed ben Zayed Al Nahyane. Qualifié d’historique par les deux parties, cet accord vise à transformer les échanges commerciaux et à stimuler les investissements dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, les transports et le commerce.

Pour Kinshasa, ce partenariat marque un tournant dans la stratégie de diversification économique du pays et dans le renforcement de ses alliances internationales, alors que le contexte mondial connaît une recomposition des partenariats économiques.

Des discussions stratégiques avec Washington


Parallèlement, les relations entre Kinshasa et Washington se consolident autour des ressources minières. Depuis 2025, la RDC a offert aux États-Unis un accès privilégié à certains minerais stratégiques, notamment les terres rares, en échange d’un appui sécuritaire dans l’est du pays, rapporte Bloomberg, citant une correspondance adressée au secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Dans cette lettre, les autorités congolaises soulignent que la RDC, premier producteur mondial de cobalt et fournisseur important de lithium, tantale et uranium, joue un rôle crucial pour la compétitivité industrielle et la sécurité nationale des États-Unis. Le partenariat envisagé permettrait aux entreprises américaines d’obtenir un contrôle opérationnel ainsi que des droits exclusifs d’extraction et d’exportation de certains minerais congolais.

Le projet inclurait également la participation américaine à la construction d’un port en eau profonde sur la façade atlantique congolaise, ainsi que la mise en place d’une réserve stratégique commune de minerais. En contrepartie, Washington s’engagerait à fournir un appui militaire, notamment par la formation de soldats, la fourniture d’équipements et un soutien sécuritaire direct, avec accès à certaines bases pour protéger les ressources stratégiques.

Selon Bloomberg, le département d’État américain s’est montré ouvert à la discussion autour de ce type de partenariat. Des correspondances similaires auraient été transmises à plusieurs responsables politiques américains, dont certains membres influents du Congrès. Toutefois, la présidence congolaise avait tempéré ces informations. Fin février, la porte-parole du chef de l’État, Tina Salama, avait publiquement réfuté des déclarations évoquant des concessions exclusives accordées aux États-Unis.

Un contexte régional tendu


Ces initiatives économiques et diplomatiques interviennent dans un contexte régional particulièrement sensible. Depuis 2021, le mouvement rebelle M23 occupe plusieurs zones dans l’est de la RDC, provoquant d’importants déplacements de populations et aggravant la crise humanitaire. Kinshasa et les Nations unies accusent le Rwanda de soutenir ce groupe armé, notamment par l’envoi d’armes et de troupes dans le Nord-Kivu. Kigali rejette ces accusations, affirmant agir en posture défensive et accusant la RDC de soutenir les rebelles des FDLR.


Rédaction

LA REDACTION

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à commenter!

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs requis sont indiqués *

Articles similaires