Un voyageur contacté par notre rédaction affirme avoir mis près de sept heures pour parcourir la distance entre Bukavu et Uvira. Parti de Bukavu à 6 heures du matin, il dit être arrivé vers 13 heures, après plusieurs contrôles et négociations aux différents points de passage.
Avant son départ, le transporteur lui avait fixé le prix du voyage à 25 dollars. Il lui avait toutefois recommandé de prévoir au moins 50 000 francs congolais supplémentaires pour faire face aux différents paiements susceptibles d’être réclamés sur la route.
Les premiers contrôles auraient eu lieu à Nyangezi. Ils auraient principalement porté sur les pièces d’identité des sept passagers. Deux cartes d’électeur ont notamment été examinées. Selon le témoignage recueilli, l’une aurait finalement été reconnue comme authentique malgré son mauvais état, tandis que l’autre aurait été confisquée. Aucun paiement n’aurait été exigé à cette étape.
Des contrôles similaires auraient ensuite été effectués à Kamanyola. C’est à partir de Katogota que le voyageur dit avoir constaté une multiplication des barrières et des demandes d’argent.
Selon son récit, plusieurs montants compris entre 3 000 et 5 000 francs congolais par personne auraient été réclamés à différents endroits. Des sommes supplémentaires auraient également été demandées, notamment pour éviter l’ouverture des bagages.
Entre Katogota et Uvira, le voyageur affirme avoir recensé onze barrières. À l’une d’elles, il dit avoir versé 6 000 francs congolais, dont 5 000 francs pour le passage et 1 000 francs pour les bagages.
À Runingu, des combattants Wazalendo auraient par ailleurs proposé aux passagers une escorte de quatre militaires jusqu’à Uvira, moyennant 6 000 francs congolais par personne. Selon le même témoignage, cette escorte devait permettre aux voyageurs de franchir les différents points de contrôle sans avoir à effectuer d’autres paiements.
Cette promesse n’aurait toutefois pas mis fin aux négociations. À Kawizi, après la vérification des documents d’une passagère présentée comme l’épouse d’un commandant, une nouvelle discussion aurait eu lieu. Un autre passager aurait également dû payer 5 000 francs congolais après négociation, selon le voyageur.
Même à l’entrée d’Uvira, les paiements ne se seraient pas arrêtés. Le voyageur affirme que les membres de l’escorte auraient encore réclamé 2 000 francs congolais par personne.
Au total, il estime avoir déboursé environ 41 000 francs congolais en différents paiements, auxquels se seraient ajoutés 2 000 francs pour l’escorte, en plus des 25 dollars versés pour le transport.
Ce témoignage n’est pas isolé. Plusieurs sources locales contactées dans la plaine de la Ruzizi font également état de la présence de nombreux points de contrôle sur cet axe. Les montants réclamés varieraient toutefois selon les endroits et les circonstances.
La RN5 constitue l’un des principaux axes de circulation des personnes et des marchandises entre Bukavu, la plaine de la Ruzizi et Uvira. Sa réouverture était particulièrement attendue après les perturbations sécuritaires qui avaient affecté la région.
La reprise du trafic constitue donc un signal positif pour les échanges dans le Sud-Kivu. Mais la multiplication alléguée des barrières et des paiements soulève désormais une autre question : celle des conditions dans lesquelles les voyageurs peuvent emprunter cet axe stratégique.
Labora

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