Signé par le porte-parole de l’exécutif provincial, Luganywa-Bashizi Didier Kabandja, le document met en cause la sincérité des assurances données la veille par l’AFC/M23 dans une correspondance adressée au secrétaire général des Nations unies. Selon les autorités, au moment même de la signature de cette lettre, le mouvement armé menait des opérations de pillage « systématiques et coordonnées », en violation flagrante du droit international humanitaire et des droits humains.
Parmi les faits rapportés, le gouvernement affirme que plusieurs convois de camions ont quitté Bukavu sous couvert du transport de combattants prétendument retirés d’Uvira vers la plaine de la Ruzizi. En réalité, ces convois composés de 49 camions de marque Wowo et de 113 camions Ben d’une capacité de six mètres cubes auraient servi à acheminer illicitement des biens appartenant à l’État congolais et à des particuliers, directement vers le Rwanda.
Les autorités provinciales évoquent également des faits survenus dans la nuit du 15 janvier 2026. Des matériaux de construction destinés à la réhabilitation des routes d’Uvira auraient été chargés de force dans des camions de l’AFC/M23. Trente-quatre (34) camions de goudron auraient ainsi pris la direction du Rwanda.
D’autres véhicules auraient transporté des tricycles appartenant à des civils, moyens essentiels de transport et de subsistance pour de nombreuses familles. Le reste des marchandises stockées dans des entrepôts aurait été évacué via la frontière de Kamanyola.
À ces pillages s’ajouterait le déplacement forcé de bétail vaches et petits ruminants depuis les hauts et moyens plateaux vers la localité de Bwegera, pour une destination inconnue. Une situation qui, selon le gouvernement provincial, prive les populations locales de leurs principales sources de revenus et de nourriture et illustre l’existence d’une « économie de prédation organisée ».
Sur le plan juridique, l’exécutif du Sud-Kivu estime que ces actes constituent de graves infractions au droit international. Il cite notamment l’article 33 de la IVᵉ Convention de Genève interdisant le pillage, l’article 52 du Protocole additionnel I protégeant les biens civils, ainsi que l’article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, qui qualifie le pillage de crime de guerre.
Les conséquences humanitaires seraient déjà lourdes : aggravation de l’insécurité alimentaire à Uvira, hausse du coût de la vie dans une zone désormais coupée de ses circuits d’approvisionnement habituels, et précarisation accrue d’une population vivant essentiellement de l’agriculture et de l’élevage. Le gouvernement parle d’une véritable « punition collective », formellement interdite par le droit international humanitaire.
Pour les autorités provinciales, la destruction des moyens de subsistance et l’asphyxie alimentaire volontaire relèvent d’une stratégie criminelle planifiée, susceptible d’être qualifiée de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité. Le communiqué évoque même un risque de « destruction indirecte des populations civiles » par la famine et la paupérisation extrême.
Le gouvernement du Sud-Kivu appelle enfin la communauté internationale, les Nations unies, l’Union africaine, la Cour pénale internationale et les organisations de défense des droits humains à documenter ces faits et à engager des poursuites contre les auteurs et leurs complices. Il réaffirme par ailleurs, la détermination du président Félix Tshisekedi à protéger les civils et à défendre l’intégrité territoriale de la RDC, tout en mettant en garde contre « le silence et l’inaction » face à de tels crimes.
MKG

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