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Survie des populations : des chefs locaux de Mahagi contraints de prendre en charge des miliciens

La situation sécuritaire reste extrêmement préoccupante dans le territoire de Mahagi, en province de l’Ituri. Depuis la mi-janvier, des miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (CODECO), signalés à la lisière des territoires de Mahagi et de Djugu, multiplient les actes de pression et d’intimidation contre les autorités locales.

photo d'illustration
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Depuis une semaine, ces hommes armés s’en prennent directement aux responsables coutumiers. Dans le village de Therali, ils ont adressé des correspondances à plusieurs chefs de groupements, notamment Ruvinga, Musongwa et Aree, exigeant des contributions hebdomadaires en vivres et en biens non alimentaires pour assurer leur survie.

Joint par téléphone ce dimanche 27 janvier 2026  par notre rédaction, le député national Daniel Uma, a souligné que, ces exigences constituent une grave atteinte à l’autorité de l’État et mettent en péril la sécurité des populations.

« Il y a un constat déplorable faisant état d’une véritable républiquette mise sur pied par Ngudjolo. La semaine passée, ses miliciens de la CODECO ont écrit des lettres à tous les chefs de groupements et de villages, notamment Ruvinga, Musongwa et Aree, dans la chefferie de Mokambo. Ils exigent de contribuer chaque fin de semaine avec un bidon d’huile de palme, une chèvre, des poules et des maniocs pour leur alimentation », a-t-il dénoncé.

Toujours selon l’élu de Mahagi, les miliciens exigent également la collecte de 2 000 shillings ougandais par ménage pour le maintien de leurs bases, sous la menace explicite de représailles.

« Dans ces mêmes correspondances, ils menacent de passer dans les villages pour égorger la population en cas de non-respect de ces exigences. Certains chefs exécutent ces conditions par crainte pour leur sécurité et celle de leurs administrés », a-t-il ajouté.

Ces informations ont été confirmées par des sources administratives locales, qui évoquent un climat de peur généralisée dans plusieurs villages de la chefferie de Mokambo.

Face à cette escalade de violences, le député Daniel Uma appelle à une implication directe du président de la République pour restaurer la paix dans cette partie du pays.

« Il est temps que le chef de l’État se réveille et prenne au sérieux le dossier de l’Ituri. Il avait promis qu’il ne serait pas président aussi longtemps que le pays ne serait pas pacifié. Mahagi fait partie de la RDC, l’Ituri est une province de ce pays. Il est inutile de se perdre dans des querelles politiciennes pendant que la population meurt, que les miliciens tuent et pillent. Le chef de l’État doit prendre ses responsabilités à travers ses services spécialisés », a-t-il martelé.

Pour l’instant, l’armée n’a ni confirmé ni infirmé ces informations. Son porte-parole en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo, s’est limité à rassurer que la situation est « sous contrôle » des Forces armées de la RDC (FARDC).

Après le territoire de Djugu, Mahagi apparaît désormais comme un nouveau foyer de violences dans cette province frontalière de l’Ouganda. Le 19 janvier dernier, des affrontements avaient opposé l’armée aux miliciens dans le village Amée, en chefferie de Jukoth. Un soldat avait été blessé, plusieurs maisons incendiées, dont le poste de police local, et plusieurs détenus s’étaient évadés.


Augustin Ndjabu, depuis Bunia

LA REDACTION

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