Rien ne va plus entre l’ancien ministre congolais Constant Mutamba et son ex-avocat, Me Joël Kitenge. Ce dernier, qui l’accuse de ne pas lui avoir versé ses honoraires, menace désormais de « tout révéler ».
Dans une interview filmée, l’avocat — présenté comme proche de l’UDPS — s’est exprimé en des termes particulièrement virulents :
« Mutamba ne doit pas chercher à lier tout le monde dans tout le monde. J’ai travaillé sur ce dossier, je connais beaucoup de choses. Il n’est pas en position de m’affronter. Qu’il n’ose pas ouvrir la bouche, sinon on va tout étaler. »
Des propos largement relayés sur les réseaux sociaux, qui suscitent un malaise au sein du milieu judiciaire. Plusieurs observateurs estiment qu’ils pourraient contrevenir au principe du secret professionnel, pilier de la déontologie du barreau.
Âgé de 37 ans, Constant Mutamba a été condamné le 2 septembre dernier à trois ans de travaux forcés et à cinq ans d’interdiction d’exercer toute fonction publique. La justice l’a reconnu coupable d’avoir ordonné, sans autorisation préalable du gouvernement, le versement de 19,9 millions de dollars à la société Zion Construction SARL, dans le cadre d’un projet de construction d’une prison à Kisangani estimé à 40 millions de dollars.
L’ancien ministre a toujours nié les faits, affirmant n’avoir « jamais pris un seul dollar de l’État », dans une lettre de démission adressée en juin dernier. À l’époque, ses avocats avaient déclaré « s’incliner devant la décision de la Haute Cour de justice ».
« La loi, comme on le dit, est dure, mais c’est la loi », reconnaissait alors Me Joël Kitenge, aujourd’hui en rupture ouverte avec son ex-client.
Le jugement, rendu par la Cour de cassation de Kinshasa, est définitif. À la sortie de l’audience, Constant Mutamba avait quitté la salle le poing levé, dénonçant une « cabale politique ».
Gloire MALUMBA.K

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