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SÉCURITÉ

Uvira : entre urgence humanitaire et défis de coordination, les camps de déplacés sous pression

À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), la situation sécuritaire continue de se détériorer. La multiplication des déplacements de populations, liée à l’insécurité persistante et aux catastrophes naturelles, met à rude épreuve la gestion des sites d’accueil.

Photo d'illustration. Les déplacés de guerre, à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Photo d'illustration. Les déplacés de guerre, à l'Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans cette zone déjà fragilisée, la coordination entre acteurs humanitaires et autorités locales s’impose désormais comme un défi majeur, condition indispensable pour garantir une assistance efficace, équitable et transparente. Dans plusieurs camps et sites d’accueil de la ville, les conditions de vie restent extrêmement précaires. L’accès à l’eau potable, à la nourriture et à des abris décents demeure insuffisant face à l’afflux continu de nouveaux déplacés.

La situation est particulièrement préoccupante en matière d’approvisionnement en eau. Les infrastructures existantes, souvent sous-dimensionnées, peinent à répondre aux besoins. Cette pénurie favorise la propagation de maladies hydriques telles que le choléra et la typhoïde, aggravées par des conditions d’assainissement défaillantes.

Face à cette crise, plusieurs acteurs appellent à une meilleure organisation de la réponse humanitaire. Godelive Lugambo, actrice de la société civile, insiste sur la nécessité d’une collaboration renforcée entre l’ensemble des intervenants.

« Il faut une coordination claire et précise, où agents humanitaires, populations et autorités agissent de concert. L’approche doit être inclusive et participative : les organisations apportent leur appui, mais cette assistance doit bénéficier prioritairement aux déplacés les plus vulnérables », souligne-t-elle. Elle déplore également le manque de fluidité dans la communication entre les parties prenantes, qu’elle considère comme un frein majeur à l’efficacité des interventions.

De son côté, Nerval Songolo Mutambala, coordonnateur de l’organisation Women Future Life, rappelle que la responsabilité est partagée. Il appelle à la mise en place de mécanismes rigoureux de suivi et de contrôle afin de garantir la transparence dans la distribution de l’aide et de prévenir d’éventuels détournements.

Au-delà des besoins matériels, la question de la protection des droits humains reste centrale dans les camps. Les déplacés dénoncent régulièrement des cas de violences, de vols et d’abus, notamment à l’encontre des femmes et des enfants.

Me Elie Kingombe rappelle, à cet égard, l’obligation de l’État de garantir la sécurité et la dignité de ses citoyens : « Partant du principe de la sacralité de la vie humaine, garanti par la Constitution de la RDC, il revient à l’État de protéger en priorité sa population. En cas de déplacements internes, c’est à lui d’assurer la sécurité des citoyens », affirme-t-il.

Il recommande notamment la mise en place d’une police de proximité dédiée aux camps, capable d’intervenir rapidement en cas d’incident, en particulier pour lutter contre les violences basées sur le genre.


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