En seulement cinq semaines en 2026 (SE1 à SE5), 2 682 cas suspects de choléra ont été recensés, dont 41 décès, soit un taux de létalité de 1,5 %. À titre comparatif, l’année 2025 avait enregistré 13 027 cas pour 99 décès (0,76 %), tandis qu’en 2024, 3 668 cas et 29 décès avaient été notifiés. Ces données traduisent une pression continue sur un système de santé déjà fragilisé.
Cependant, les analyses de laboratoire confirment l’ampleur de la propagation du vibrion cholérique : sur 96 échantillons analysés, 49 se sont révélés positifs, soit un taux de positivité de 51 % à la semaine épidémiologique 5. Au total, 15 zones de santé ont signalé des cas.
Mais le choléra n’est qu’une partie de la crise. La DPS alerte également sur une résurgence de la mpox, des flambées de rougeole, ainsi qu’un afflux massif de blessés par balles liés aux affrontements armés. Trente-quatre zones de santé sont aujourd’hui affectées par cette combinaison d’insécurité et d’épidémies. Les cas de violences basées sur le genre (VBG) et de violences physiques sont également en hausse, aggravant la vulnérabilité des populations déplacées.
Dans les zones de santé d’Uvira, de Ruzizi et de Fizi, 2 304 blessés de guerre ont été documentés, avec plusieurs décès signalés. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pris en charge certains cas chirurgicaux lourds, mais les capacités locales demeurent largement insuffisantes.
La dégradation du système sanitaire est directement liée au contexte sécuritaire, notamment la confiscation de 24 véhicules de la DPS par l’AFC/M23, l’inaccessibilité de plusieurs aires de santé et l’insécurité persistante entravant les déplacements du personnel médical.
Face à cette situation critique, la présidence de la République démocratique du Congo a ordonné un appui sanitaire d’urgence. À l’issue d’une mission d’évaluation conduite le 19 février par une délégation conjointe du ministère de la Santé et de collaborateurs du chef de l’État, quatre camions transportant plus de 35 tonnes de médicaments, d’équipements médicaux et d’intrants essentiels sont arrivés à Uvira le 20 février.
Cet appui logistique vise à renforcer la prise en charge du choléra, de la mpox, de la rougeole, ainsi que des traumatismes liés aux violences armées. Il traduit la volonté du président Félix Tshisekedi de faire de la santé publique une priorité nationale, malgré un contexte sécuritaire qui compromet gravement l’accès aux soins.
Rédaction

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